ASSOCIATION
   ACTION ENFANTS BIRMANS
                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CAROLE & MARTIN

 

"Ce voyage devait être pour estomper cette vision flou que j’avais du monde. Il me fallait trouver et exercer un travail dans un contexte changeant et donc fragile. Dans un tel environnement il apparaissait nécessaire d’évaluer toutes les alternatives qui me permettraient d’en apprendre sur le monde et sur moi-même. Arriver à extirper toutes les éventualités dans un monde aussi capricieux ne serait il pas le meilleur moyen de se former ?

Mae Sot, ville thaïlandaise, à la frontière du Myanmar, place envahie par le birman, sa culture et ses problèmes, sauver par les organisations humanitaires. La possibilité d’allier expériences à l’étranger dans une ville asiatique, sous tensions, aux cotés d’enfants défavorisés à éduquer, et la possibilité de penser un décor aux couleurs paradisiaques régi par les lois de la prison de tartare. C’était maintenant ou jamais. Aspirant à l’amélioration de la condition de l’homme en quelques domaines que cela soit, j’ai supposé qu’il fallait débuter par une période d’observation guidée par l’action.

J’ai enseigné l’anglais à de jeunes enfants birmans, souhaitant s’instruire davantage pour pouvoir entrer en université au même titre qu’un occidental et bénéficier des mêmes droits. Une aventure simple, des échanges compliqués en raison de la barrière de la langue ou même de l’accent asiatique à couper au couteau ; un enseignement rendu éprouvant autant que passionnant, pour arriver à un résultat effectif. J’ai beaucoup appris sur les langues, les cultures, la vie. Je me suis aidée, en les aidants. Ce qui m’importe, c’est qu’à force de bonne communication et de temps, ces enfants eux aussi, aient appris. Je crois dès lors pouvoir affirmer, que l'important n'était pas de faire les bons choix, mais d'avoir sur rendre les choix bons.

Je transperce les nuages, et me voilà en Thaïlande. Huit jours à Bangkok sont banalisés, avant de démarrer mon stage pour action enfants birmans. Quelle improvisation percutante ! L’intimité avec le sourire des gens me frappe le cœur de plein fouet. Agréable transition pour compenser la flagrante disparité de richesse qui anime les Je transperce les nuages, et me voilà en Thaïlande. Huit jours à Bangkok sont banalisés, avant de démarrer mon stage pour action enfants birmans. Quelle improvisation percutante ! L’intimité avec le sourire des gens me frappe le cœur de plein fouet. Agréable transition pour compenser la flagrante disparité de richesse qui anime les rues de Bangkok. Arrivée dans le microcosme paisible de Mae Sot, je suis cernée par les birmans et les ONG. Je cherche la faille. Cette toute petite ville nichée dans les montagnes à la frontière birmane, est  si a priori tranquillisante pour un occidental, le centre des réfugiés birmans illégaux. C’est également devenu la plaque tournante des marchés frauduleux dangereux et pervers. Une opportunité d’enrichissement pour les thaïlandais qu’ils n’ont pas manqué de saisir via l’exploitation de la Birmanie et de birmans.

Mon rôle sur place consiste à donner des cours d’anglais à des enfants âgés de trois à quatorze ans dans l’école One Dream One World. Cela m’occupe les matinées de neuf heures à midi. Parler, se faire écouter, entendre et comprendre par un birman est le défi de chaque jour. Heureusement pour moi, je dispose d’un traducteur anglais birman qui m’aide non seulement à donner une cohérence à mon cours, mais également à faire respecter l’ordre. Ils courent, crient «Teasser ! » afin d’attirer l’attention du « teacher », puis deviennent attentifs. Je ne suis pas certaine qu’ils aient conscience de leur situation. Tous sont des réfugiés politiques, fréquentant des écoles illégales. Celles-ci survivent grâce aux organismes humanitaires du monde entier, qui font appellent à des professeurs volontaires et dévoués de toutes origines pour diriger et organiser ces écoles, si nombreuses (on en dénombre 62) à Mae Sot. L’organisation au sein des écoles si existante, est défaillante. Chaque jour est aléatoire. Urgence hospitalière, facture d’électricité, remplacement d’une roue de charrette servant à emmener les enfants à l’école le matin, achat de matériels pour l’école : tout est soumis à des dépenses régulières, qu’il me faut apprendre à réguler.

L’enseignement quel qu’il soit, n’est pas fastidieux, il requiert de la  patience mais aussi beaucoup de tolérance envers autrui. Les conditions de travail sont rudes (chaleur, bruit, manque d’hygiène, d’outils de travail…), et le nombre d’enfants y est important. Je m’adapte et concilie avec cet environnement ; la flexibilité se cultive. Je sens un réel besoin et une envie absolue d’apprendre. Il s’agit d’enseigner aux étudiants à s’exprimer librement en langue étrangère et à établir des comparaisons entre notre culture et la leur.

Si je suis plus optimiste pour l’avenir des étudiants du BHSOH, je ne suis pas moins tourmentée par l’incertitude que subissent ces élèves. Le turnover des étudiants est énorme et fréquent. Je ne suis jamais certaine de revoir les mêmes élèves le lendemain. Pourtant, l’éducation s’avère être la seule alternative pour être à même d’espérer un avenir meilleur. La peur au ventre, certains préfèrent en définitive rejoindre les camps de réfugiés. Comment donner un cours, suivre un enseignement, dans un tel contexte ? Pour moi comme pour l’élève birman, il s’agit de faire de son mieux chaque jour, « De mieux en mieux tous les jours, de mieux en mieux toujours. », Norman Vincent Pail  auteur américain de confession protestante. Parce que le temps nous est compté, parce que le temps leur est compté, il faut se donner, pour maximiser nos chances d’acquérir un niveau d’étude suffisant, afin qu’eux puissent aller à l’université ou enseigner à leur tour, et afin que je puisse revenir à l’école avec la satisfaction d’avoir transmis quelque chose. Il faut être à l’écoute, de leur désir, de leurs expériences qu’ils souhaitent parfois partager, afin d’adapter son cours en fonction des sujets qui les intéressent, qui les motivent. Il m’aura fallu en apprendre des autres, pour en apprendre sur moi-même. C’est finalement dans l’inconstance que j’ai appris la constance."

Carole