SARAH ET MAXIME
SARAH "Mae Sot, Centre Thaïlande, petite ville située à 9 km de la Birmanie, un caractère unique, un melting pot birman, thaï, indien... Fascinant… commerces de pierres précieuses, des marchés offrant succulents fruits exotiques mais aussi d'affreux crapauds et cafards, de splendides paysages, des rizières, en passant par les sentiers de terre, aux cascades... Des quantités de camps de réfugiés dans la région, certains contiennent jusqu'à 40 000 personnes... les ethnies birmanes fuient terrorisées par la junte et essaient de survivre en Thaïlande, mais il est très difficile pour eux de trouver un travail et quand ils trouvent, ils se font souvent exploiter par les Thaïs...
Tous les matins je me rends à l'école "One Dream One World" à 500m de la mosquée, juste en dehors de la ville, une maison sur pilotis, quelques tapis et un tableau, un lieu sur pour les enfants du quartier où ils peuvent manger gratuitement, une ONG ramène riz et poulet tous les matins. Les enfants ont entre 3 et 14 ans, dont deux handicapés, ils courent vers nous et nous tapent dans la main "Good Morning Teacher!"
Ils habitent dans les bidonvilles des environs, des maisons de bric et de broc, ces gens vivent dans la misère et affirment pourtant que la vie ici est beaucoup mieux qu'en Birmanie... Les enfants viennent de différentes minorités ethniques, beaucoup de "Karen" une ethnie birmane au cœur du conflit, les enfants parlent donc différents dialectes.. Ils ne parlent pas anglais ou très peu donc pour enseigner c'est compliqué, nous nous concentrons sur l'alphabet, les nombres et des mots de vocabulaire de la vie courante en montrant des images, leur faisant répéter mais il n'est pas évident de les tenir en place surtout les plus jeunes. Nous organisons diverses activités, dessin, peinture, danse... et mon activité favorite "la marche", en groupe nous partons marcher dans le quartier, au bout de la rue ce sont les champs, les parents des enfants nous font signe, les plus grands portent les plus jeunes et ils courent à travers les rizières à pieds nus. La fois passée après cinq minutes de marche, ils se sont tous retrouvés tout nus à se baigner dans le fossé longeant les rizières, Ils s'amusaient comme des petits fous.. Ces enfants sont malgré leur environnement difficile, plein de vie, extrêmement souriant et très attachants...
Les après-midi je vais au monastère voir des moines qui devraient émmigrer aux Etats-Unis très prochainement, aidés par une ONG, je les aide à améliorer leur anglais, c'est extra, ils sont cinq, arrivés à Mae Sot il y a un an. Imaginez ces moines aux Etats-Unis, ils n'ont fait qu'étudier le bouddhisme et méditer toute leur vie, ils vont devoir s'adapter à une vie occidentale et chercher du travail!! Mais ils n'ont pas le choix... ils sont adorables et font vraiment beaucoup d'efforts pour apprendre l'anglais. C'est très enrichissant de pouvoir discuter de tout et de rien avec eux tous les jours. Je les ai connus grâce à une espagnole rencontrée dans le bus pour Mae Sot qui avait travaillé deux mois à Mae Sot et me les a présentés, ils n'avaient plus de professeur, alors je me suis proposée. J'y vais en scooter car le temple est à 5 km de Mae Sot.
J'ai une super chambre ici à la Phannu House, pour 130 euros le mois c'est grand confort, et je loue un scooter pour 3000 Bahts par mois ... Mae Sot est un lieu de rencontre, entre l'espagnole Maria incroyable jeune femme, Maxime le Canadien qui travaille avec moi, une Australienne et une Japonaise sont venus nous aider pendant deux semaines, une Italienne en thèse, des Suisses, Américains, des Australiens...Il y a de tout ici, tous volontaires ou travaillant pour des ONG, tous restent quelques semaines, voire quelques mois à Mae Sot. Une expérience intense et inoubliable ..."
MAXIME "Au One Dream One World, notre objectif est d'intéresser les enfants de la rue à se rendre à un endroit motivant et sécuritaire, pour apprendre et pour jouer. Certains de ces enfants venaient seulement pour pouvoir y manger, et maintenant, y restent beaucoup plus longtemps avec leurs amis. Nous ne sommes pas à 1 km du centre-ville, et nous nous retrouvons quand-même dans une autre réalité. La majorité de ces enfants vivent dans des conditions très très minimalistes (dans des cabanes sans eau, sans toilettes et bien sûrr sans électricité.) Certaines petites filles de 11 ans n'avaient pas encore dessiné de leur vie jusqu'à la semaine dernière! Faute de crayon et de papier à la maison...
Et tout ça, on l'oublie très rapidement. Ces enfants, c'est de l'or en barre! Dèsles premiers contacts visuels le matin au dernier "Bye Teacher", c'est tellement enrichissant ! Ils sont extrêmement attachants! Et l'après-midi, c'est une classe d'élèves vraiment motivés a apprendre le français. Malgré les grandes différences entre le français et le birman, ils sont bons! Ils veulent apprendre et me posent beaucoup de questions. Ils sont de vraies éponges, et veulent apprendre le plus possible.
En travaillant ici, à Mae Sot, on se rend compte que l'on fait une petite différence, au travers d'un problème beaucoup plus large que l'on peut l'imaginer. Mais peut importe, le peu que l'on peut faire c'est déjà ça de fait et ça vaut la peine. Et tout ce que l'on donne, ils nous le redonnent en quadruple. C'est vraiment l'expérience d'une vie."

